Genre
L'égalité des genres est le principe fondamental selon lequel toutes les personnes, quel que soit leur genre, doivent bénéficier des mêmes droits et des mêmes opportunités, et partager les responsabilités de manière équitable. Elle repose sur l’idée que personne ne doit être discriminé, limité ou désavantagé en raison de son identité de genre ou de son expression de genre.
L’égalité des genres s’inscrit dans les objectifs de développement durable des Nations Unies (ONU) ainsi que dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. Elle est également renforcée par plusieurs autres instruments internationaux relatifs aux droits humains, dont la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), adoptée par l’ONU en 1979 et ratifiée par le Luxembourg en 1989. La CEDAW oblige les États à supprimer toutes les formes de discrimination à l’encontre des femmes et des filles et à garantir leur pleine participation à la vie politique, économique, sociale et culturelle.
Il est important de souligner que l’égalité des genres va au-delà de l’égalité formelle devant la loi, en visant une égalité réelle et substantive ; c’est-à-dire une égalité concrète dans les faits et dans les résultats. Cela implique non seulement d’interdire la discrimination, mais aussi de supprimer les obstacles structurels, les stéréotypes et les inégalités systémiques qui empêchent les femmes et les filles d’exercer pleinement leurs droits.
Par exemple, même lorsque la loi garantit à l’emploi pour tous, des inégalités persistantes existent dans les salaires, les possibilités de promotion, la répartition d’autres responsabilités, notamment des tâches domestiques, ou l’exposition aux violences. L’égalité des genres nécessite donc des mesure concrètes, telles que des politiques de soutien et des actions positives, afin de garantir de garantir que chacun puisse réellement bénéficier des mêmes chances et opportunités dans tous les domaines de la vie.
Les obligations du gouvernement
Les gouvernements signataires des différents instruments internationaux sont tenus de mettre en œuvre l’égalité des genres de manière transversale, donc dans tous les secteurs de la société. En outre, ils ont l’obligation d’éradiquer les inégalités existantes, notamment dans le milieu de l’éducation, de la violence, des médias, du travail, de la santé ou du sport et de veiller à une participation équilibrée à la prise de décisions politiques et à la vie publique.
Ces obligations impliquent également de lutter contre les stéréotypes de genre, de promouvoir l’égalité dès l’enfance et d’intégrer une perspective de genre dans toutes les politiques publiques (gender mainstreaming).
Égalité des genres et LGBTIQA+
L’égalité des genres ne se limite pas aux questions relatives aux femmes et aux hommes. Elle couvre également les droits des personnes LGBTIQA+.
L’orientation sexuelle décrit l’attirance affective, romantique ou sexuelle (ou son absence) qu’un individu éprouve envers une personne (hétérosexuelle, homosexuelle, bisexuelle, etc.). L’identité de genre, quant à elle, fait référence au sentiment profond d’appartenance à un genre, qui peut correspondre ou non au sexe assigné à la naissance (masculin, féminin, non-binaire, fluide, etc.). Ces deux dimensions font partie intégrante des enjeux LGBTIQA+.
Les personnes LGBTIQA+ sont souvent confrontées à des discriminations, des exclusions et des violences fondées sur leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Une approche inclusive de l’égalité des genres doit donc tenir compte de ces réalités et lutter contre toutes les formes de discrimination, y compris celles liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre.
Au Luxembourg, le ministère de l’Égalité des genres et de la Diversité (MEGA) assure la politique de l’égalité des genres et de personnes LGBTIQA+.
Le travail de la CCDH pour l’égalité des genres
La CCDH suit de près les développements dans le domaine de l’égalité des genres au Luxembourg.
Bien qu’il y ait de nombreux défis en matière d’égalité des genres au Luxembourg (p.ex. : inégalité de pouvoir politique, répartition inégale des responsabilités familiales, violence domestique, stéréotypes, etc.), la politique d’égalité du Luxembourg continue à privilégier une approche plutôt « neutre » qui n’est pas assez sensible au genre. Or, la neutralité apparente d’une mesure ne permet pas d’exclure tout risque de discrimination. Au contraire, à défaut de prendre en compte les droits humains de toutes les personnes concernées, et le cas échéant de prendre des mesures spécifiques pour éviter des inégalités, des mesures « neutres » risquent de créer ou de perpétuer des situations discriminatoires. Ainsi, une approche neutre, semblablement adoptée au nom de l’égalité des genres, entrave en réalité tout progrès vers celle-ci en se limitant à combattre les symptômes de l'inégalité plutôt que ses causes.
Dans ce contexte, la CCDH souligne l’importance du principe du gender mainstreaming qui devrait être mis en œuvre en tant que priorité transversale dans l’ensemble des politiques publiques. Ce principe consiste à intégrer systématiquement la dimension du genre dans toutes les politiques, programmes et actions, à tous les niveaux et é toutes les étapes de leur élaboration, mise en œuvre et évaluation. L’objectif est d’identifier et de corriger les inégalités dès la conception des mesures, plutôt que de les traiter de manière isolée ou corrective. En appliquant le gender mainstreaming, les pouvoirs publics peuvent mieux lutter contre les disparités structurelles et garantir que leurs actions contribuent réellement à l’égalité des genres dans tous les domaines de la société.
Outre le gender mainstreaming, la CCDH recommande également l’adoption d’une approche intersectionnelle dans la lutte contre les inégalités. Cette approche repose sur l’idée que tous les aspects identitaires (sexe, âge, orientation sexuelle, origine, handicap, etc.) qui peuvent mener à des discriminations interagissent et nécessitent la même considération et attention. En effet, ces différentes catégories sociales n’existent pas de manière isolée : elles se croisent et créent des systèmes de discriminations et d’exclusion convergents et qui se renforcent mutuellement. Une approche intersectionnelle permet d’analyser les inégalités de manière plus complète et de concevoir des politiques plus inclusives, capables de répondre aux réalités multiples et complexes vécues par les personnes concernées.
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